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Article de La Liberté : Nouvel élan pour le dressage

 

Un nouvel élan pour le dressage

 

Le dressage (ici Lauriane Marro en lice lors du concours de Chiètres) retrouve des couleurs dans le canton de Fribourg. © Mc Freddy

Fribourg • En veilleuse durant plus de dix ans, la discipline renaît de ses cendres. Valérie Overney et Marius Marro ont redonné vie à la Coupe Henri Chammartin.

Le dressage fribourgeois porte un nom, celui d’Henri Chammartin, décédé en 2011. Champion olympique de la spécialité en 1964 à Tokyo, le cavalier originaire de Chavannes-sous-Orsonnens avait vu son patronyme être attribué à une compétition de dressage organisée sur le parc de la Poya. Le rendez-vous avait été rayé du calendrier avant le passage au nouveau millénaire et, d’une manière générale, les compétitions de dressage se sont faites de plus en plus rares sur terres fribourgeoises.

Jusqu’à ce que Valérie Overney (46 ans) et Marius Marro (59 ans) ne s’unissent pour faire renaître de ses cendres le dressage en proposant une nouvelle Coupe Henri Chammartin sous la forme d’un circuit de plusieurs concours dans le canton de Fribourg. Il y a eu sept étapes en 2014, millésime du renouveau. Il y en a cinq cette année. La caravane s’est arrêtée ce printemps à Lully, Chiètres et Bulle. Elle passera par Prez-vers-Noréaz et Corminbœuf à la rentrée.

Figure emblématique

«Le dressage était mort dans le canton de Fribourg», rappelle Marius Marro, entraîneur ayant participé aux Jeux Olympiques d’Atlanta (1996) en concours complet. «Il y a deux ans, avec Valérie (Overney, ndlr), nous avons lancé l’idée de redonner vie à cette discipline. Il n’y a rien de tel qu’organiser des concours pour attirer du monde. L’idée d’utiliser le nom d’Henri Chammartin, une figure emblématique de la discipline, s’est imposée.»

Marius Marro et Valérie Overney, responsable du dressage depuis 2008 à la Fédération fribourgeoise des sports équestres et désormais membre du comité central, mouillent leurs chemises. «La réussite d’une telle entreprise tient à peu de chose», observe le cavalier de Formangueires. «Il faut chercher du monde, des sponsors… Nous pouvons compter sur le soutien de Marc Haenni et Daniela Capoferri de Prez-vers-Noréaz, là où a été organisé un concours de dressage en 2013 après des années de disette.»

Des listes d’attente

«Le circuit se développe gentiment», apprécie Valérie Overney. «Lancer des idées, c’est bien. Mais après, il faut les réaliser.» La mayonnaise prend gentiment. L’année dernière, plus de 200 paires ont obtenu des points sur le circuit cantonal. Lors de cha- que concours en 2015, la barre des 100 participants a été dépassée. «Il y a eu 182 départs à Chiètres au début mai», précise la responsable. «Nous avons des listes d’attente pour les compétitions. C’est la preuve que ça marche et cela nous encourage à persévérer.»

Une quarantaine de licenciés sont recensés en terres fribourgeoises. Elena Krattiger, 3e des championnats de Suisse poneys 2014 poursuit sa progression sur la scène internationale. Elle a gagné une épreuve à Saumur ce printemps. «Elle est un espoir du dressage suisse chez les juniors», assure- t-on. La Singinoise est qualifiée pour les Européens juniors de dressage.

Tout a commencé à Lully

Installée à Cugy, Valérie Overney a connu ses heures de gloire en compétition: «J’ai été une fois troisième des championnats de Suisse avec Fiesta de Lully, un cheval qui a été trois fois champion romand.» L’élevage de Lully de la famille Fünfschilling a régulièrement vu naître des chevaux idéaux pour le dressage. Glock’s Flirt s’illus- tre actuellement sur la scène internationale, sous la selle du Néerlandais Hans Peter Minderhoud. «Originaire de Saint-Aubin et née à Genève, j’ai vécu à Genève et en Valais. Si je suis revenue dans la Broye, c’est pour travailler chez Urs Fünfschilling après avoir visité les installations de Jean-Jacques Fünfschilling. J’ai lâché mes études pour commencer un apprentissage d’écuyère.» I

Le dressage demeure la base de l’équitation

Suivre une compétition de dressage s’avère vite lassant pour un non-initié. Comment juger la beauté d’un piaffer, différencier le trot du trot allongé ou apprécier les changements de pied au galop? «Pour comprendre, il faut connaître», admet Marius Marro (photo mcfreddy-a). «Il faut venir du milieu. Ce n’est pas comme le saut d’obstacles que tout le monde peut comprendre!»

Le dressage reste toutefois la base de l’équitation. «Sans dressage, un cavalier n’arrive pas bien loin s’il veut faire de la compétition», rappelle Valérie Overney. «C’est grâce au dressage qu’on peut estimer ce qu’on arrive à faire avec un cheval. En compétition, on se soumet au regard des juges. Mais à notre niveau, on se contente de petites épreuves.»

La Suisse a fait plus grande connaissance avec la discipline grâce à Christine Stuckelberger. La Bernoise (68 ans) a participé à six olympiades, remportant le titre individuel en 1976 à Montreal. Elle a brillé grâce à Granat et Gauguin de Lully, de l’élevage broyard. Depuis la retraite de cette championne, le dressage a perdu de l’audience dans tout le pays. Et les spectateurs se font rares autour des places de concours. «C’est mal vendu», coupe Marro. «En Allemagne, les compétitions de saut et de dressage qui ont lieu sont très prisées. A l’époque, les organisateurs de con- cours de saut avec une épreuve de catégorie S avaient l’obligation d’organiser aussi une compétition de dressage. Cela amenait du monde», déclare Valérie Overney. «En Allemagne, il y a une véritable philosophie du cheval», conclut Marro.

Pam Patricia Morand 24.06.2015

 
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